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Ni Dieu ni gène : lhérédité
questionnée
Pourquoi avoir choisi ce titre, Ni Dieu ni gène.
Pour une autre théorie de l'hérédité ?
Parce qu'en proposant une autre théorie, et surtout une autre
vision du vivant que la génétique, Kupiec et Sonigo
se placent dans le vieux débat du réductionnisme.
Ainsi, convoqués comme autorités à remettre en
cause d'urgence, deux ouvrages classiques sont présents en
arrière-plan à " Ni Dieu ni gène ".
Jacques Monod
Le hasard et la nécessité. Essai sur la philosophie
naturelle de la biologie moderne
Paris, Seuil, 1970, rééd. Point-Essais
n°43, 244p.
C'est tout d'abord Le hasard et la nécessité
de Jacques Monod qui se trouve remis en question. Il est à
remarquer que les auteurs n'attaquent que des prises de position scientifiques
du Nobel de médecine en 1965, et non les opinions philosophiques
que ce dernier, sous-titre oblige (Essai sur la philosophie naturelle
de la biologie moderne), ne manque d'aborder.
Le hasard et la nécessité : aucun Dieu, mais des
gènes
Cet ouvrage marqua une date importante de par la prise de position
à la fois ferme, éthique et solide d'une autorité
scientifique (alors) incontestée dans le champ de la réflexion
philosophique : à sa façon, il s'agissait d'un
ouvrage dans la lignée des grands noms qui, venant de l'archipel
science, développaient des points de vue qui ne se limitaient
pas à de la caricature de philosophie. Monod donnait à
la biologie ce qu'un Einstein avait donné à la physique,
un Poincaré, à la mathématique, sans parler bien
sûr de Darwin.
C'est surtout contre un positivisme triomphant et sclérosant
que se dressait Le hasard et la nécessité, en
particulier dans le champ marxiste (l'ouvrage date de 1970). La voix
de Monod porta d'autant plus qu'il représentait une voix crédible
à plus d'un point de vue, scientifique, politique (sa vindicte
ne manque pas de chaleur), etc.
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